Combrailles il y a de la vie !

Le 23 janvier dernier, à 20h45 heure locale exactement, le vaisseau d’exploration « Capital » affrété par la compagnie M6 Télévision se posait en douceur sur le sol verdoyant de la planète Auvergne. Quelques minutes plus tard, sortant à peine des vapeurs d’un long sommeil cryogénique, le présentateur-commandant-de-bord collait son nez au hublot du vaisseau et déclarait, s’étranglant presque de d’étonnement : « Allo Paris… Il y a de la vie en Auvergne !… »

Eh bien oui, aussi surprenant que ça puisse paraître, il y a de la vie en Auvergne. Y compris dans les Combrailles, c’est dire… Figurez-vous que des gens de modèle courant vivent dans cette petite région du Massif Central, qu’ils y travaillent et font même des projets. À Saint-Gervais-d’Auvergne, par exemple, des besoins en foncier pour les entreprises commencent à se faire sentir, la zone d’activité de la Vergnette affichant complet. Alors la municipalité envisage de créer une seconde zone, laquelle pourrait s’étendre sur 7 ou 8 hectares. Un bureau d’étude planche en ce moment sur le sujet. À Châteauneuf-les-Bains, il est question de donner un nouvel élan aux thermes. Cela se fera sur la base d’un partenariat entre la commune et l’actuel gérant, la société Val Vital. Plus à l’est, du côté de Combronde, on n’a pas non plus les deux pieds dans le même sabot. Le temps des sabots est d’ailleurs révolu depuis des lustres. Dans ce coin des Combrailles, on parle désormais « logistique » et « transport ». On dit « Dachser ». Et on embauche. Mais ça n’est pas tout. La société Dachser n’est pas un arbre géant qui cacherait une forêt chétive. Une dizaine de contacts, qualifiés de « sérieux » à la communauté de commune Côte de Combrailles, ont été établis avec des créateurs d’entreprise. Certains sont du cru, d’autres viennent de loin.

À VENDRE DOMAINE DE CHASSE

Il y a aussi des affaires à acheter, en Combrailles. Des commerces de détail (boulangerie, boucherie) des salons de coiffure (à Saint-Eloy et Bourg Lastic), des auberges, un studio de photo (entièrement équipé), des exploitations agricoles. 22 affaires sont ainsi répertoriées sur le site Internet du SMAD des Combrailles (*). Certaines sont originales et d’un très bon rendement financier, comme ce domaine de chasse, à Menat. D’une valeur de 750 000 €, il accueille une clientèle de qualité : des sénateurs, des banquiers, des rugbymans, parmi lesquels un Canadien de l’ASM réputé pour sa carrure et son tempérament. Bref, le gratin. Mais pas seulement. Y viennent également chasser le sanglier ou la « plume », des employés, des ouvriers, etc. Le chiffre d’affaires de ce domaine de 100 hectares progresse d’année en année. Originaires du sud de la France, ces actuels propriétaires vendent uniquement pour cause de… climat. Les sudistes… Un seul rayon de soleil leur manque, et tout est frigorifié. Il n’empêche qu’en 6 ans d’activité, ils ont fait fructifier une affaire qui ne demande aujourd’hui qu’à perdurer.

VULCANIA, UN PRODUIT D’APPEL

À acheter, également, un écomusée. Chiffre d’affaires, « en progression régulière » : 242 000 €. 10 000 entrées payantes à l’année. Doté d’une boutique, cet écomusée est dédié aux insectes, les abeilles en particulier. Installé à Saint-Ours, il bénéficie du brassage touristique généré par Vulcania.

Vulcania, parlons-en. Après des débuts difficiles, pour ne pas dire calamiteux, le Parc affichait un bilan de santé remarquable à l’issue de la saison 2010. Sa fréquentation et son chiffre d’affaires progressent depuis 4 ans ; peu de parcs à thème, en France, peuvent se prévaloir de tels résultats. Vulcania est en outre devenu un gros pourvoyeur d’emplois saisonniers, une centaine en 2011. Le secteur de l’hôtellerie est presque unanime à son sujet : le parc est devenu un produit d’appel, beaucoup de touristes viennent dans les Combrailles pour le visiter — et découvrir que, dans cette région, en effet, il y a de la vie.

(*) « S’il y a encore 2-3 ans une annonce pouvait générer de nombreux contacts de personnes intéressés, c’est moins vrai aujourd’hui. Néanmoins, on constate que les contacts que l’on peut avoir avec des porteurs de projets susceptibles de s’installer à partir d’offres présentent souvent des projets plus construits et plus réalistes. » Christian Villatte, directeur-adjoint du SMAD des Combrailles.

PROFIL ET BILAN ÉCONOMIQUES

« … une activité agro-alimentaire très au-dessus des moyennes nationale et régionale » et « une activité industrielle importante pour un secteur rural. » C’est ainsi que le SMAD dépeint le contexte socio-économique des Combrailles. L’agriculture y est bien sûr prépondérante, avec 120 000 hectares de terres utilisées : élevage de bovins allaitants dans le nord, production laitière dans le sud et cultures à l’est sur le pourtour de Combronde.

Au plan industriel, 4 secteurs ont émergé au fil des ans : l’agro-alimentaire, le bois, l’industrie lourde et les entreprises artisanales (900 sur l’ensemble des communes) et commerciales. Les fleurons sont Aubert et Duval aux Ancizes (1400 emplois), Rockwool à Saint-Eloy (500 emplois), Diétal (200 emplois) et Fluolux (100 emplois) à Saint-Georges.

Les indicateurs économiques publiés par le SMAD en décembre 2010 montrent qu’en termes d’emplois « la tendance à la baisse (…) observée dès le début 2009 (-0,2 %) et jusqu’au 2ème trimestre 2010 (-1,6 %), s’est (…) inversée. Au 3ème trimestre 2010, le bassin a retrouvé un niveau d’emploi privé équivalent à celui de la mi-2008 », soit 6970 emplois. Le taux de recouvrement des cotisations par entreprise s’est amélioré et en un an, entre octobre 2009 et octobre 2010, le nombre de demandeurs d’emplois a baissé de 2%, « alors qu’il avait augmenté de 14,3% entre octobre 2008 et octobre 2009. » Effet de la crise économique mondiale, évidemment. La tendance est donc repartie à la hausse.

Enfin, au plan de la population, si la démographie naturelle est toujours négative, le solde migratoire reste positif. Comme l’est globalement l’Auvergne, les Combrailles sont « attractives ».

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