La Vierge de Volvic a 150 ans

Notre Dame de la Garde, Vierge colossale érigée au sommet du Puy de la Bannière en 1861, a 150 ans cette année. Cet anniversaire sera célébré les 28 et 29 mai prochains en présence de l’évêque de Clermont, Monseigneur Hyppolite Simon.

Érigée au sommet du Puy de la Bannière, Notre Dame de la Garde domine non seulement la ville de Volvic mais toute la plaine de Riom. Ses bras sont tendus vers l’horizon en signe de protection. Sa tête est ceinte d’une couronne étoilée et ses pieds écrasent le serpent, symbole du Mal et de la Tentation. Mesurant 5,50 mètres, elle a été taillée dans de l’andésite, la fameuse pierre de Volvic. Son piédestal est un amas de rochers. L’ensemble avoisine les 10 mètres de haut. Dans le prolongement de ce piédestal, l’autel de la Vierge est un bloc de porphyre de 13 tonnes recouvert par les arcades d’une chapelle gothique qui jouxtait l’église Saint Priest de Volvic. Ce bloc de porphyre a été acheminé d’Enval à Volvic par 9 paires de bœufs attelées à un énorme char. Notre Dame de la Garde fait l’objet d’un pèlerinage chaque dernier dimanche du mois de mai. Les fidèles suivent le chemin de croix qui monte depuis la rue de la Bannière jusqu’à la statue de la Vierge. Ce jour-là, la communauté portugaise de Volvic se joint à la procession pour célébrer Notre Dame de Fatima.

LE CULTE DE LA VIERGE RESSUSCITÉ

Le caractère colossal de cette statue puise son origine aussi bien dans l’histoire religieuse de la ville que dans son histoire industrielle. Comme beaucoup de villes et villages de la région, Volvic voue un culte à la Vierge depuis très longtemps. Avant la Révolution, une église lui était même consacrée. Mais « ce sanctuaire fut emporté par la tourmente révolutionnaire (…) et pendant toute la première moitié du XIXè siècle, la Vierge n’eut point de temple (…). Un tel état de choses parut insupportable à la piété des fidèles. » (*) Cette statue se devait donc d’être aussi grande que la dévotion des Volvicois, nullement entamée par la Révolution.

Et puis il y avait les carriers et les tailleurs de pierre de Volvic. Leur rôle fut primordial. La ville, « célèbre, depuis le XIIè siécle, par ses carrières de lave pétrifiée, possédait déjà en l’année 1861 une école départementale d’architecture et de sculpture. En ces temps-là, cette école était très heureusement confiée aux fils de saint Jean-Baptiste de la Salle. Or, le directeur de cette institution, le frère Gamaliel, désirait depuis longtemps faire produire à son école un travail capable de fixer l’attention des hommes compétents. La Providence vint favoriser d’une façon admirable le projet du frère Directeur. » (*) En l’occurrence, la Providence se manifesta sous les aspects d’une importante somme d’argent léguée à la paroisse de Volvic par une personne souhaitant qu’une statue de la Vierge fût élevée après sa mort.

VOLVIC OU LA TOUTE PUISSANCE DE LA PIERRE

Dans son discours prononcé le 30 juillet 1911 lors du 50è anniversaire de l’érection de la statue, le chanoine Courtadon rappela, notamment à l’évêque de Clermont, que sans la pierre et les ouvriers de Volvic, sa cathédrale ne serait pas, ni la ville de Riom, d’ailleurs. « L’Evêque n’a qu’à contempler sa cathédrale, gloire de Clermont et gloire de son pontife », déclara le chanoine devant la foule amassée au pied de la Vierge. « Demandez à ses pierres d’où elles viennent, elles répondront : de Volvic. (…) Oui, des entrailles de notre sol sont sorties la Cathédrale, l’église des Carmes, l’église des Minimes et de saint Eutrope, la fontaine d’Amboise, etc. » Puis il ajouta, parlant de Riom : « Celle-là, nous déclarons qu’elle est entièrement notre fille. Elle est toute entière construite en lave (…). Oui, Riom est un enfant de Volvic. » Et comme pour bien enfoncer le clou : « Remarquez que la mère la nourrit encore, non pas de son lait, mais de ses eaux. Elles sourdent de notre sol. Qu’un ingénieur opère une tranchée au-dessus de Volvic et détourne le ruisseau souterrain qui émerge à Saint-Genest, c’en est fait des vergers de Marsat, des prairies de Mozac, des jardins de Bardon et autres ; c’en est fait de Riom. (…) Riom est sous la dépendance de Volvic, c’est comme une colonie de Volvic (…) » L’histoire ne dit pas comment le discours du chanoine fut reçu par l’évêque de Clermont et les habitants de Riom.

(*) Discours prononcé par l’abbé Levadoux, curé de Volvic, en 1911 lors du 50è anniversaire de la statue.

(**) Discours prononcé par l’abbé Moirat en 1911 lors du 50è anniversaire de la statue.

Crédit photo : L.Burgoni OT Volvic

PROGRAMME DU 150e ANNIVERSAIRE

28 mai en soirée : procession aux flambeaux.

29 mai de 9h à 11h30 : pèlerinage paroissial (départ de l’église de Volvic). A 11h30, messe célébrée par l’archevêque de Clermont, Monseigneur Simon.

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