La chaîne des Puys sur la route des pyramides

La candidature de la chaîne des puys au Patrimoine Mondial de l’UNESCO vient de recevoir le soutien de deux poids lourds du monde économique local et international, Michelin et Volvic. C’est de bon augure pour le dossier. Mais comment un site est-il admis sur la liste du Patrimoine Mondial et à quoi sert de figurer sur cette liste ?

Le Patrimoine Mondial, appelé aussi Patrimoine de l’humanité, est une liste de biens, naturels ou culturels, dressée par le Comité du Patrimoine Mondial, une branche de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture), dont le siège est à Paris. Répartis sur 153 pays et 5 zones géographiques couvrant à peu près l’ensemble de la planète, 936 biens sont actuellement inscrits sur cette liste. Inspiré des 7 Merveilles du Monde, le Patrimoine Mondial existe depuis la convention de 1972 ratifiée par la France en 1975. Depuis cette époque, la notion de Patrimoine n’a cessé de s’élargir.

DES DROITS ET DES DEVOIRS

Le but de l’UNESCO est de porter à la connaissance du public et de placer sous protection des biens jugés exceptionnels. En retour, les autorités ou organismes responsables de ces biens ont le devoir de tout mettre en œuvre pour en assurer la pérennité et l’intégrité. Il existe un Fonds Mondial pour le Patrimoine, sorte de caisse financière mise à la disposition de ces responsables… le cas échéant. Mais le coup de pouce le plus remarquable donné par l’UNESCO est sans conteste la publicité faite autour des biens. Et c’est naturellement l’objectif majeur visé par chaque postulant : accéder à une notoriété planétaire afin d’attirer des touristes tout en préservant son bien. Dès lors, on comprend mieux pourquoi le Conseil général du Puy-de-Dôme propose que la chaîne des puys devienne à son tour Patrimoine Mondial.

Les critères d’admissions sont au nombre de 10. Un seul de ces critères rempli peut ouvrir les portes du Patrimoine Mondial. Par sa géologie, son rôle dans l’histoire des sciences et ses qualités esthétiques, la chaîne des puys semble répondre aux critères 7 et 8, à savoir : « représenter des phénomènes naturels ou des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelles » ; « être des exemples éminemment représentatifs des grands stades de l’histoire de la Terre. »

DÉPÔT DU DOSSIER LE 27 SEPTEMBRE

Le dossier scientifique élaboré par le Conseil général, les services de l’Etat et le Parc Naturel des Volcans d’Auvergne (*) sera déposé par Jean-Yves Gouttebel, le président du Conseil général du Puy-de-Dôme, le 27 septembre prochain auprès du ministère de l’environnement et de l’écologie. Ce dossier passera devant le Comité des biens français du Patrimoine Mondial le 14 novembre ou le 6 décembre. La décision de le transmettre au Comité international sera prise en janvier par le Président de la République. Et si tout va bien, il sera encore évalué pendant 18 mois avant de pouvoir figurer sur la « liste indicative », anti-chambre de la décision finale. Ensuite, tout est affaire de lobbying, un peu comme pour les villes candidates à l’organisation des Jeux Olympiques. Venue dans le département en juillet dernier, Nathalie Kosciuko-Morizet, le ministre de l’écologie, s’était montré très impressionnée par la qualité de la candidature. C’est un bon point. Cependant la route est encore longue, et sera sans nul doute semée d’embûches, d’ici la décision finale qui fera de la chaîne des puys un lieu du Patrimoine Mondial. Il faut savoir que des biens français attendent d’être désigné depuis 1996. C’est le cas du Massif forestier de Fontainebleau ou de la Montagne Sainte-Victoire, qui ne sont pourtant pas d’horribles trous.

(*) Avec le soutien de la Région Auvergne et de l’agglomération clermontoise.

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