Hélène Janicot fait le mur à Riom

Le Club RAPPEL accueille les 9 et 10 février prochains la Coupe de France d’escalade de « difficulté », dont les épreuves se dérouleront sur le mur du gymnase Aimé Césaire. Auréolée de sa première victoire en Coupe du monde acquise l’année dernière à Briançon, Hélène Janicot, riomoise et membre du club RAPPEL, viendra en terrain connu, mais certainement pas conquis. C’est loin d’être le genre de cette jeune fille de 19 ans qui appartient au top 5 mondial. Interview.

 

Photo : Miguel Medina

Quel souvenir gardez-vous de votre première victoire en Coupe du monde sénior, à Briançon ?

C’était en France et c’était la première Coupe du monde que je gagnais. Un grand moment qui est arrivé après une 4e place à Chamonix, mais surtout après des Championnats de France sénior que j’avais complètement ratés. Je revenais alors de très loin et je ne pensais pas du tout à cet instant faire la saison 2012 que j’ai faite. J’ai très mal géré ma blessure survenue en 2011. Et pendant tout l’hiver, je n’arrivais pas à remonter. Je n’étais pas forte. C’est au CREPS de Clermont, où je me suis entraînée en avril et mai, que j’ai senti que ça revenait petit à petit. Mais je ne m’attendais vraiment pas à un tel résultat. Cela dit, même si je suis satisfaite de ma saison, je reste un peu déçue. Dans certaines compétitions, j’aurais pu faire mieux.

Un journaliste de « Grimper Magazine » a écrit, à l’issue de cette première victoire : « Hélène, bien moins payée que les footballeurs de l’équipe de France, connait pourtant mieux qu’eux le protocole et les paroles de la marseillaise, qu’elle chante pendant la diffusion des hymnes… »

Je ne sais pas si les footballeurs connaissent moins bien la Marseillaise que moi… Maintenant il faut relativiser. Je connais en effet la première partie et le refrain, et c’est d’ailleurs celle qu’on nous passe au moment des hymnes.

Quels sont les points sur lesquels vous devez encore progresser ?

Ces derniers temps, j’ai beaucoup axé mes entraînements sur la force, car j’en manque un peu par rapport à certaines filles du haut niveau. C’est pourquoi, en plus de la « difficulté », je fais maintenant du « bloc », qui est justement très bien pour le développement de la force. D’ailleurs, beaucoup des meilleures filles du niveau international font du « bloc », une discipline dans laquelle elles sont plutôt bonnes. Le « bloc », par certains aspects, apporte aussi pas mal de choses au plan technique. En fait les deux disciplines sont complémentaires.

Vous êtes une sportive de niveau mondial et vous faites en même temps vos études. N’est-ce pas un peu compliqué ?

J’ai eu mon bac il y a deux ans. L’année dernière, j’ai fait une première année de fac en anglais à Aix-en-Provence, car j’étais au pôle compétition qui se trouve dans cette ville. J’en suis partie au printemps dernier pour aller à Voiron, où je suis maintenant, mais après un détour par Clermont-Ferrand. J’ai redoublé cette première année d’anglais, et je prends des cours par correspondance. C’est compliqué, mais pas impossible, grâce aux aménagements du temps et quelque fois au report des examens. Je remarque quand même que c’est moins contraignant que lorsque j’étais au lycée, où j’avais vraiment peu de temps pour les loisirs. La fac, c’est plus tranquille.

Et les loisirs, justement ?

Eh bien depuis que je suis à Voiron je n’ai fait la connaissance de personne ! C’est comme ça. Alors finalement ça me laisse du temps pour plancher mes cours par correspondance, pour écouter de la musique et aussi pour ne rien faire.

Pourquoi l’anglais ?

Je pense que l’année prochaine je vais me diriger vers quelque chose de plus scientifique. Cela dit, j’aime bien cette langue, et comme je suis en Licence de Langues et Civilisations Etrangères, l’intérêt que je lui porte est encore plus important. Les civilisations m’intéressent.

Comment voyez-vous votre avenir ?

Pour l’instant, j’aimerais continuer dans le haut niveau et progresser. Mon gros objectif cette saison est le championnat d’Europe. Ensuite, je me doute bien que l’escalade aura un jour une fin et qu’il va falloir que j’assure avec un métier, d’où les études. Je passerai sans doute le Diplôme d’État d’escalade, mais je ne me vois pas transformer ma passion en travail.

Vous venez à Riom pour gagner ou voir les amis et la famille ?

Quand je fais une compétition, je viens pour gagner. Mais bien sûr, je verrai aussi mon entourage.

Hélène Janicot est actuellement 5e mondiale et 5e du classement de la Coupe du monde. Sénior depuis seulement quelques mois, elle a remporté sa première manche de Coupe du monde à Briançon en juillet 2012.

 

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